Monday, 15 November 2010
L´ABBÉ TAM - L'UN DES PRÊTRES PRÉFÉRÉS DE MONSEIGNEUR LEFEBVRE ÉCRIT SUR LA PSEUDO-RESTAURATION DE L'ÉGLISE
SSPX ET VATICAN: VERS UNE RÉCONCILIATION?
Fraternité Saint Pie X de Mgr Lefebvre, vers une réconciliation avec le Vatican ?
D’après une annonce du porte parole du Vatican en date du 15 septembre 2009 :
« la première réunion qui marquera le début du dialogue avec les lefebvristes se tiendra dans la seconde moitié d’octobre »
L’enjeu est d’importance pour les 2 parties car le différend est ancien et empoisonne les relations entre le Vatican et les catholiques traditionalistes depuis des décennies, à ce sujet ;
1) Historique ; un processus d’excommunication en 2 phases
La Fraternité sacerdotale Saint Pie X ou FSSPX est une société de prêtres catholiques romains, fondée en Suisse le 1er novembre 1970, par Mgr Marcel Lefebvre à la demande de plusieurs séminaristes français, les buts de cette fraternité sacerdotale sont « le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte et rien que ce qui le concerne » à l’origine le Vatican avait approuvé la constitution de cette société et de 1970 à 1975, les rapports avec la papauté sont à peu près normaux..
Comme Mgr Lefebvre continuait de stigmatiser plus ou moins violemment la politique d’ouverture de l’Église catholique suite au concile Vatican II, en particulier en publiant fin 1974 un manifeste résumant ses positions, au printemps 1975 l’autorisation accordée à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X est retirée, malgré cela Mgr Lefebvre décide de continuer son action de formation de prêtres du séminaire d’Écone et en juin 1976, il ordonne 13 prêtres, en conséquence le 22 juillet 1976 Paul VI frappe Marcel Lefebvre d’une suspense (censure consistant à priver le clerc de son office) pour son opposition au Concile Vatican II et aux réformes qui s’y rattachent, c’est la première fêlure avec Rome, s’en suivra une seconde plus conséquente !
Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie-X choisissent de continuer leur action en formant des prêtres, en ouvrant des lieux de culte dans tout le monde chrétien, peu à peu, la fraternité se dote d’une structure hiérarchique distincte et séparée de l’Église romaine, les rapports sont néanmoins maintenus avec Rome, et une tentative de normalisation de la situation de la FSSPX a lieu en mai 1988, par la signature d’un accord entre le cardinal Ratzinger ( !) et Mgr Lefebvre..
Ce dernier primo reniera cet accord mais va surtout franchir un pas inacceptable en décidant de procéder à des sacres d’évêques sans l’accord de Rome, ce qu’il effectuera malgré les mises en garde canoniques le 30 juin 1988..
Cette fois-ci cela en est trop et le 2 juillet 1988 par le motu proprio (« de son propre chef » est une lettre émise par le pape de sa propre initiative) Ecclesia Dei, Jean Paul II déclare excommuniés Mgr Lefebvre lui-même, Mgr de Castro-Mayer, évêque co-consécrateur, et les quatre nouveaux évêques qui venaient d’être ordonnés et qui sont Alfonso de Galaretta, Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais et Richard Williamson ( !)
Mgr Lefebvre décèdera en Suisse le 25 mars 1991 mais la Fraternité Saint-Pie-X continuera de prospérer, revendiquant plus de 500 prêtres à ce jour dans près de 30 pays, en France son lieu de culte le plus célèbre est l’église Saint Nicolas du Chardonnet à Paris.
2) les racines de la discorde : le concile Vatican II
Le IIe concile œcuménique du Vatican, plus couramment appelé Vatican II, est le XXIe concile œcuménique de l’église catholique romaine, il a été ouvert par le pape Jean XXIII en 1962 (lequel est décédé en 1963) et clos sous le pontificat de Paul VI en 1965. On le considère généralement comme l’événement le plus marquant de l’histoire de l’Église catholique au XX° siècle, symbolisant son ouverture au monde moderne et c’est bien là tout le problème pour les traditionalistes !
Ces points de désaccord (on peut même parler de refus) vis à vis des résolutions du concile Vatican II sont exprimés dans une lettre de Mgr Lefebvre datant d’octobre 1987 (retranscrite sur le site de la FSSPX) où il accuse nommément les francs-maçons ( !) :
« Il y a désormais trois erreurs fondamentales, qui, d’origine maçonnique , sont professées publiquement par les modernistes qui occupent l’Église.
- Le remplacement du Décalogue par les Droits de l’Homme…
- Ce faux œcuménisme qui établit en fait l’égalité des religions…
- Enfin, le troisième acte qui est maintenant courant, c’est la négation du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ par la laïcisation des États …
Si l’on réunit ces trois changements fondamentaux et qui en vérité n’en font qu’un, c’est vraiment la négation de l’unicité de la religion de Notre-Seigneur Jésus-Christ … Les francs-maçons ont toujours désiré cela et ils y parviennent non plus par eux mais par les hommes d’Église eux-mêmes. »
Autrement dit, la FSSPX refuse ce qu’elle nomme les mesures libérales du concile Vatican II, notamment :
- la liberté religieuse qui s’opposerait à la doctrine de la royauté du Christ ;
- la collégialité, en accordant trop de pouvoir aux conférences épiscopales ;
- l’œcuménisme et ce qui serait son corollaire, l’abandon de la mission ;
- les modifications dans la liturgie, ce dernier point est très important car la FSSPX célèbre exclusivement la messe dite « de saint Pie V » ou rite tridentin, aujourd’hui dénommé forme extraordinaire du rite romain, en latin !
Qu’on soit pro-traditionaliste ou pro-moderniste, impossible de nier que le concile Vatican II a fait l’effet d’un tsunami dans la classe sacerdotale et chez les fidèles en bouleversant profondément la nature du dogme de l’Église romaine et son application, à ce sujet Anthony Burgess (l’auteur d’Orange mécanique) écrivain catholique de renommée mondiale n’hésitait pas à décrire son initiateur Jean XXIII comme l’un des individus les plus malfaisants du XX° siècle ! « J’ai vu des tas de catholiques abandonner la religion, des prêtres qui ne croyaient plus en Dieu … » de tels écrits de sa part traduisent bien l’immense désarroi provoqué chez tous ceux qui ne pouvaient être que profondément attachés au catholicisme qu’ils avaient toujours connu..
3) l’évolution actuelle, les ouvertures effectuées par Benoît XVI
L’ex-cardinal Ratzinger, très au faite du litige avec la principale branche des catholiques traditionalistes (voir ci-dessus) n’ignore pas tout le bénéfice qu’il y aurait à percevoir du retour au bercail de cette portion de catholiques très fervents et très sincères, souvent brillants intellectuellement et qui pourraient en quelque sorte constituer « des bataillons d’élite de soldats du Christ », aussi depuis sa nomination en tant que successeur de Saint Pierre a t il multiplié les gestes d’ouverture en leur direction ;
Par le motu proprio Summorum Pontificum publié le 7 juillet 2007, le pape remet en valeur le rite tridentin qu’il dénomme forme extraordinaire du rite romain, dans sa lettre aux évêques qui accompagne le motu proprio, il précise que l’un des buts de ce texte est la « réconciliation interne au sein de l’Église ».
Puis par décret de la congrégation pour les évêques du 21 janvier 2009 signé par le préfet de la congrégation, l’excommunication latae sententiae (c’est à dire de facto) qui frappait les quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre à l’époque et qui sont Mgr Galaretta, Mgr Fellay, Mgr Tissier de Mallerais et Mgr Williamson, est levée, cependant la levée de l’excommunication n’est pas la réconciliation ou la réhabilitation, mais l’ouverture de la voie vers la réconciliation ; les quatre évêques demeurent suspendus, ce qui fait qu’il ne leur est toujours pas permis d’exercer leur ministère épiscopal au sein de l’Église catholique.
Du côté de la Fraternité Saint Pie X, les quatre évêques dont l’excommunication a été levée par Benoît XVI, expriment dans une lettre publiée dans la revue de FSSPX au pape leur "profonde reconnaissance pour l’acte de Sa paternelle bonté et de Son courage apostolique". Cependant à la question : "La condition posée par Rome à une réintégration de la Fraternité dans l’Eglise étant la reconnaissance du concile Vatican II, la Fraternité est-elle prête à franchir ce pas ?", Mgr Fellay répond : "Non. Le Vatican a reconnu la nécessité d’entretiens préalables afin de traiter des questions de fond provenant justement du concile Vatican II. Faire de la reconnaissance du concile une condition préalable, c’est mettre la charrue avant les bœufs".
Ainsi qu’on le voit le dialogue s’annonce ardu de part et d’autre, chacune des parties entendant défendre ses convictions, Rome devant faire montre d’autorité et la FSSPX n’ayant nullement l’intention de renoncer à ce qui fait l’objet de son combat depuis maintenant des décennies.
En conclusion le brillant intellectuel qu’est Benoît XVI dispose de plusieurs atouts dans son œuvre de réunification de l’Église de Rome, sa longue expérience, sa très bonne connaissance des dossiers ainsi que ses qualités de diplomatie, mais en plus de la réconciliation avec les catholiques traditionalistes il vise en même temps celle avec l’Église orthodoxe et le dialogue avec les Juifs ce qui ne va pas forcément de pair..
De l’autre côté, s’il semble naturel de penser que la Fraternité Saint Pie X, lasse d’une si longue marginalisation qui inquiète nombre de ses fidèles, devrait accueillir avec joie la main tendue par le Vatican, c’est sans compter sur l’attachement farouche de ses principaux doctrinaires à la tradition ancestrale qu’ils prétendent être les seuls à vraiment défendre..
On le voit, tous les cas de figure demeurent ouverts, entre une réintégration dans l’Église de Rome (vivement souhaitée), un statu quo ou pire encore une excommunication renforcée, il conviendra d’avancer très prudemment afin de ne pas échouer dans cette occasion historique, la plus grande chance de dialogue réside certainement dans l’entente secrète qui a toujours subsisté chez les traditionalistes se situant de part et d’autre.
Hiéronymus, septembre 2009
LETTRE DE MONSEIGNEUR LEFEBVRE À PAUL VI SUR LA SUSPENSION A DIVINIS
Lettre de Mgr Lefebvre à Paul VI sur sa « suspense a divinis » (1)
Quelques réflexions à propos de la « suspens a divinis ».
Elle pose un problème grave et fera encore couler des flots d'encre, quand bien même je viendrais à disparaître de la scène de l'Eglise militante.
En quoi consiste-t-elle en réalité? Elle me prive du droit inhérent au prêtre, et à plus forte raison à l'évêque, de célébrer la sainte messe, de conférer les sacrements et de prêcher dans les lieux consacrés, c'est-à-dire qu'il m'est interdit de célébrer la messe nouvelle, de conférer les sacrements nouveaux, de prêcher la nouvelle doctrine.
Ainsi, parce que je refuse, précisément, depuis leur institution, ces nouveautés, on m'interdit désormais, officiellement, de les utiliser. C'est parce que je refuse la nouvelle messe qu'on me prive de la dire. On peut par là deviner le peu de dommage que me cause cette suspense.
C'est une preuve de plus que cette nouvelle Eglise, qu'ils ont désormais qualifiée eux-mêmes de conciliaire, se détruit elle-même. C'est S. Exc. Mgr Benelli, dans sa lettre du 25 juin dernier, qui la désigne ainsi parlant des séminaristes, il écrit:
« Il n'y a rien de désespérant dans leur cas; s'ils sont de bonne volonté, et sérieusement préparés à un ministère pastoral, dans la fidélité véritable à l'Eglise conciliaire, on se chargera ensuite de trouver la meilleure solution pour eux; mais qu'ils commencent d'abord, eux aussi, par cet acte d'obéissance à l'Eglise. »
Quoi de plus clair! Désormais, c'est à l'Eglise conciliaire qu'il faut obéir et être fidèle et non plus à l'Eglise catholique. C'est précisément tout notre problème; nous sommes suspens a divinis par l'Eglise conciliaire et pour l'Eglise conciliaire dont nous ne voulons pas faire partie.
Cette Eglise conciliaire est une Eglise schismatique parce qu'elle rompt avec l'Eglise catholique de toujours. Elle a ses nouveaux dogmes, son nouveau sacerdoce, ses nouvelles institutions, son nouveau culte déjà condamné par l'Eglise en maints documents officiels et définitifs.
C'est pourquoi le fondateur de l'Eglise conciliaire insiste tant sur l'obéissance à l'Eglise d'aujourd'hui, faisant abstraction de l'Eglise d'hier comme si elle n'existait plus.
Cette Eglise conciliaire est schismatique parce qu'elle a pris pour base de sa mise à jour des principes opposés à ceux de l'Eglise catholique: ainsi la nouvelle conception de la messe, exprimée dans le n° 5 de la préface du Missale romanum et le n° 7 du premier chapitre qui donne à l'assemblée un rôle sacerdotal qu'elle ne peut avoir; ainsi également le droit naturel, c'est-à-dire divin, de toute personne et de toute groupe de personnes à la liberté religieuse.
Ce droit à la liberté religieuse est blasphématoire car c'est prêter à Dieu des intentions qui détruisent sa majesté, sa gloire, sa royauté. Ce droit implique la liberté de conscience, la liberté de pensée et toutes les libertés maçonniques.
L'Eglise qui affirme de pareilles erreurs est à la fois schismatique et hérétique. Cette Eglise conciliaire n'est donc pas catholique. Dans la mesure où le Pape, les évêques, prêtres et fidèles, adhèrent à cette nouvelle Eglise, ils se séparent de l'Eglise catholique. L'Eglise d'aujourd'hui n'est la véritable Eglise que dans la mesure où elle continue et fait corps avec l'Eglise d'hier et de toujours. La norme de la foi catholique, c'est la Tradition. La demande de S Exc. Mgr Benelli est donc éclairante: soumission à l'Eglise conciliaire, à l'Eglise de Vatican Il, à l'Eglise schismatique. Pour nous, nous persévérons dans l'Eglise catholique avec la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ et l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie.
† Marcel LEFEBVRE
Ecône, le 29 juillet 1976.
(1) Texte original.
LETTRE DE PAUL VI À MONSEIGNEUR LEFEBVRE - 1976
Lettre de Paul VI à Mgr Lefebvre
A la veille de la messe célébrée par Mgr Lefebvre au Palais des Sports de Lille, le dimanche 29 août, l'Osservatore Romano (28 août) a publié (en français) la lettre ci-après qui lui avait été adressée par Paul VI en la fête de l'Assomption:
A notre vénéré Frère Marcel Lefebvre,
En cette fête de l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, nous tenons à vous assurer de notre souvenir, accompagné d'une prière spéciale pour une solution positive et prompte de la question qui regarde votre personne et votre activité à l'égard de la Sainte Eglise.
Notre souvenir s'exprime en ce souhait fraternel et paternel: que vous vouliez bien considérer, devant le Seigneur et devant l'Eglise, dans le silence et la responsabilité de votre conscience d'évêque, l'insoutenable irrégularité de votre position présente. Elle n'est pas conforme à la vérité et à la justice. Elle s'arroge le droit de déclarer que notre ministère apostolique s'écarte de la règle de la foi, et de juger comme inacceptable l'enseignement d'un Concile oecuménique célébré selon une observance parfaite des normes ecclésiastiques: ce sont là des accusations extrêmement graves. Votre position n'est pas selon l'Evangile et selon la foi.
Persister dans cette voie serait un grave dommage pour votre personne sacrée et pour ceux qui vous suivraient comme guide, en désobéissance aux lois canoniques. Au lieu de porter remède aux abus que l'on veut corriger, cela en ajouterait un autre d'une incalculable gravité.
Ayez l'humilité, Frère, et le courage de rompre la chaîne illogique qui vous rend étranger et hostile à l'Eglise, à cette Eglise que pourtant vous avez tant servie et que vous désirez aimer et édifier encore. Combien d'âmes attendent de vous cet exemple d'héroïque et simple fidélité!
Invoquant l'Esprit-Saint et confiant à la Très Sainte Vierge Marie cette heure qui est, pour vous et pour nous, grande et amère, nous prions et espérons.
Castel Gandolfo, 15 août 1976.
PAULUS PP. VI.
Commentaire de la salle de presse du Saint-Siège
A la suite de cette lettre, le même numéro de l'Osservatore Romano publie la réponse ci-après de la salle de presse du Saint-Siège à la question posée par un journaliste (1):
Un journaliste a demandé à la salle de presse du Saint-Siège s'il était exact que le Saint-Père avait envoyé, dans sa récente lettre autographe dont l'existence a été confirmée par ce service, un ultimatum à Mgr Lefebvre et si l'interview donnée par ce dernier à l'Europeo du 3 septembre 1976 doit être considérée comme une réponse à cet ultimatum.
REPONSE: On a pris connaissance de cette interview avec la plus grande peine, à cause de son contenu particulièrement grave et vraiment inouï.
Une telle intervention suffit à elle seule, aux yeux de toute personne douée d'un minimum d'objectivité et qui n'entretient pas d'idées préconçues, à démontrer avec la plus grande clarté dans quelle position vraiment insoutenable Mgr Lefebvre en est venu à se trouver. Cette interview est une accusation que l'ancien archevêque-évêque de Tulle a signée contre lui-même de sa propre main.
La position prise désormais par Mgr Lefebvre si ouvertement prouve que le Saint-Siège avait vu juste quand il le convia à deux entretiens d'explication avec les cardinaux Tabera, Wright et Garrone. Ce fut en conclusion de ces entretiens que le Saint-Siège jugea nécessaire d'autoriser Mgr Mamie, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, à retirer son consentement à l'existence de la fraternité Saint-Pie-X (2).
Cependant, depuis cette douloureuse décision jusqu'aux derniers développements, le Saint-Père n'a jamais cessé de se tourner vers Mgr Lefebvre avec une espérance jamais démentie même si elle a été toujours déçue, afin qu'il accomplisse au moins un geste de bonne volonté.
L'attitude du Pape a toujours été guidée par des intentions précises: respecter profondément l'homme; respecter plus profondément encore l'évêque; respecter en même temps le très grave devoir confié par mandat divin au successeur de Pierre de conserver dans sa pureté totale, sans transiger sur aucun point, le patrimoine de la foi catholique et d'être le suprême garant de son authenticité.
C'est dans la fidélité à ces préoccupations que, le 15 août dernier, le Saint-Père a adressé une nouvelle lettre manuscrite à Mgr Marcel Lefebvre. Son contenu comme sa forme parlent d'eux-mêmes et montrent clairement l'attitude, à la fois ferme et inspirée de paternelle affection, qui est celle du Pape en cette douloureuse circonstance.
Cette lettre, comme il a été dit, s'inscrit dans la longue série d'appels à la réconciliation, multipliés par le Siège apostolique et par le Pape personnellement, qui ont été adressés à l'ancien archevêque-évêque de Tulle. Outre deux longs colloques avec trois cardinaux, qui lui ont permis d'exposer sa position, ce furent des visites répétées du nonce apostolique en Suisse; les lettres du Souverain Pontife en date du 29 juin et du 8 septembre 1975 (3); un très long entretien avec le substitut de la Secrétairerie d'Etat; enfin, la semaine précédant le 29 juin 1976, une mission d'un envoyé spécial du Saint-Père, le R.P. Dhanis, S.J., consulteur de la Congrégation pour la Doctrine de la foi; et encore plusieurs visite du cardinal Thiandoum, dont une le 28 juin, c'est-à-dire la veille même de l'ordination.
Comment ne pas rappeler ici que le Pape a estimé nécessaire de traiter ce grave problème devant les membres du Sacré-Collège présents à Rome pour le Consistoire du 24 mai dernier (4)?
Mgr Lefebvre sait, mieux que personne, quel a été le but de cette intervention solennelle, ainsi que de toutes les démarches qui l'ont précédée et qui l'ont suivie: lui offrir l'occasion de se reprendre avant qu'il ne soit trop tard et servir l'unité de l'Eglise qu'il a maintenant l'absurde prétention de « défendre » contre ceux-là qui, seuls, ont mission de Dieu et assistance de l'Esprit pour la garantir. Pour se soustraire à cette sollicitude, qu'il tait devant l'opinion publique, Mgr Lefebvre entend choisir lui-même les voies par lesquelles passerait une composition de sa part: une audience que le Saint-Père devrait lui accorder sans préalable, afin qu'il puisse lui dire en quoi, à son jugement, le Pape et le Concile oecuménique ont failli.
Car l'enjeu du débat est bien là. Mgr Lefebvre, qui n'a jamais contesté, au cours de son déroulement, la validité du Concile, auquel il a pris une part active (5) et dont il a signé la presque totalité des actes — parmi lesquels la Constitution sur la liturgie et le décret sur l'oecuménisme —, se place aujourd'hui au-dessus du Pape et du Concile pour en contester, de façon catégorique et globale, l'esprit et les conclusions (cf. son Manifeste du 21 novembre 1974) (6). Il a été pendant de longues années le serviteur de la papauté, et il s'en fait un titre maintenant pour reprocher au Pape d'avoir, en matière sacramentaire et liturgique notamment, exercé un pouvoir que l'Ecriture sainte, la Tradition et l'enseignement unanime de l'Eglise lui attribuent de façon si claire et si ferme. Après avoir proclamé sa soumission au Saint-Père et laissé entendre que toute l'affaire ne reposait que sur un malentendu, il fait maintenant des déclarations incroyables qu'il est particulièrement douloureux d'entendre de la bouche d'un évêque. De quelle tradition, de quel « Evangile » s'inspire-t-il pour tenir pareil langage?
Sa grave infraction aux lois canoniques et à une défense expresse du Pape, en conférant illégitimement des ordinations le 29 juin dernier, a entraîné pour Mgr Lefebvre l'application d'une censure dont il sait bien qu'elle vise avant tout à la résipiscence de celui qui en fait l'objet (7).
Le Pape ne perd pas l'espérance. Il guette le retour du fils prodigue, dans l'intérêt du salut de celui-ci, dans l'intérêt aussi des âmes qu'il égare en cherchant à les persuader gratuitement que Rome a failli à sa mission. Les bras du Pape sont grands ouverts. Le Saint-Père a cependant le droit et le devoir de connaître, au préalable, les dispositions dans lesquelles Mgr Lefebvre viendrait à lui: une telle assurance est indispensable à la rencontre désirée. A ne pas maintenir fermement cette exigence, on s'exposerait à de nouveaux malentendus que le bien de la communauté ecclésiale ne peut plus supporter.
L'heure est à la souffrance et à la prière. Le Pape le dit en conclusion de sa lettre: c'est une heure « grande et amère ». Puisse-t-elle, au plus tôt, faire place à la lumière et à la réconciliation.
27 août 1976.
(1) Ce texte a été publié en italien dans I'Osservatore Romano. Nous le reproduisons ici d'après l'original (en français) que la secrétairerie d'Etat a adressé par telex à la Conférence épiscopale française le 27 août.
(2) Cf. DC 1975, n° 1679, p. 611 et s.; n° 1681, p. 7 (NDLR.)
(3) DC 1976, n° 1689, p. 33 et 34. (NDLR.)
(4) DC 1976, n° 1700, p. 557. (NDLR.)
(5) On trouvera un bref compte rendu des interventions de Mgr Lefebvre au Concile dans DC 1963. col. 38 (note 4), 40 (note 7), 1495, 1691; 1964, col. 1320; 1965, col. 1782. (NDLR.)
(6) DC 1975, n° 1677, p. 544. (NDLR.)
(7) Cf. DC 1976, n° 1703, p. 712 et s.; 1704, p. 781 et s. (NDLR.)
FREI BERNARDO DE VASCONCELOS OSB - UM SANTO
Sábado, Julho 07, 2007
Frei Bernardo de Vasconcelos
Foi na Casa do Marvão, na freguesia de São Romão do Corgo, concelho de Celorico de Basto que, a 7 de Julho de 1902, nasceu Frei Bernardo de Vasconcelos, parente dos Marvões, família que, durante vários séculos, habitou aquela casa. Bernardo Vaz Lobo Teixeira de Vasconcelos era filho do Doutor Manuel Joaquim da Cunha Maia Teixeira de Vasconcelos, senhor da Casa do Marvão e, naquela altura, Delegado da Procuradoria Régia em Cabeceiras de Basto e de D. Filomena da Conceição Vaz Lobo, da Casa do Outeiro, em Molares.
Foi baptizado no dia 5 de Agosto de 1902 pelo pároco Francisco de Almeida Barreto na igreja de São Romão, tendo sido seus padrinhos Manuel António de Sousa Machado, seu parente, da Casa do Bairro, em Canedo de Basto, e sua tia-avó D. Maria Isabel Teixeira de Vasconcelos, senhora da Casa do Fijô, em Felgueiras e da Casa do Barreiro, em Canedo de Basto.
Em 1912, foi estudar para o Colégio de Lamego e, em 1918, matriculou-se na Universidade de Coimbra, pensando seguir a Marinha. Tendo adoecido, interrompeu os estudos e empregou-se num Banco, no Porto. Mas o mundo das contas não se coadunava com o seu temperamento e a sua alma de poeta.
Em 1922, matriculou-se na Faculdade de Direito de Coimbra, tendo sido vice-presidente do C.A.C.D. (Centro Académico de Democracia Cristã), secretário da redacção da revista “Estudos” e membro das Conferências de São Vicente de Paulo.
Por esta altura, trocou correspondência com Joaquim Pereira Teixeira de Vasconcelos, mais conhecido por Teixeira de Pascoais, poeta amarantino que era seu parente e amigo. Nunca se encontraram, mas tinham uma grande admiração e estima um pelo outro. Teixeira de Pascoais diria, em carta a uma sua irmã, que Frei Bernardo de Vasconcelos foi o “maior e mais perfeito amigo que Deus me concedeu”. Frei Bernardo de Vasconcelos foi herdeiro, juntamente com sua irmã D. Maria Bárbara Vaz Lobo Teixeira de Vasconcelos, da Casa de Valdesculca que, anos mais tarde, foi vendida.
Em 1924, entrou no mosteiro de Singeverga, fez o noviciado e professou no Mosteiro de Samos (Galiza) com o nome de Frei Bernardo da Anunciada. Iniciou os estudos de Teologia na Abadia de Mont-César, (Lovaina, Bélgica), em 1926, mas teve de regressar a Portugal por lhe ter sido diagnosticada a doença de Pott ou tuberculose vertebral.
Começou, nesta altura, um longo calvário de 6 anos, que Frei Bernardo de Vasconcelos suportou com grande resignação, no Hospital da Lapa, no Porto, em Matosinhos e na Falperra (Braga).
Faleceu em S. João da Foz do Douro, no dia 4 de Julho de 1932, três dias antes de completar 30 anos, não tendo chegado a realizar o seu grande desejo que era o de ser sacerdote.
Frei Bernardo de Vasconcelos foi sepultado no cemitério da Foz, sendo, depois, trasladado para o cemitério de Molares, Celorico de Basto, e aí depositado no jazigo do Padre Francisco de Almeida Barreto, o padre que tinha baptizado Frei Bernardo e amigo da família. Um ano depois, foi sepultado no interior da igreja paroquial de São Romão do Corgo
.Durante a sua curta vida, Frei Bernardo de Vasconcelos escreveu vários artigos e poesias que foram publicados. Toda a sua obra é, essencialmente, mística e teológica, voltada para o espiritual, para Deus. Publicou As Nossas Festas, A Missa e a Vida Interior, A Vida de S. Bento contada às almas simples. Traduziu também o livro Vida na Paz de D. Idesbald van Houtryve. Como complemento para a sua biografia, foi publicada Vida de Amor, autobiografia baseada nas suas cartas. Em verso, deixou os Cânticos de Amor e Poesias Dispersas.
Publicado por Orlando Silva | 9:27 PM
2 Comentários:
J. Teixeira da Silva
Falar da vida de "Frei Bernardo da Anunciada", é fácil e difícil. Fácil, porque quem como eu teve a possibilidade de hà cinquenta anos ler a sua auto - biografia,"VIDA DE AMOR"), ficou a conhecer toda a sua obra, todo o seu percurso de vida na terra e também as suas origens de homem de Basto. Difícil, porque ainda está por desvendar a verdadeira causa da doença que o vitimou e os meios utilizados para a sua cura, tendo em conta, que pertencia a uma das mais ilustres famílias da região de Basto. Mesmo assim, ao debruçarmos-nos na história da vida deste santo, aprás-nos perguntar o seguinte: Por que razão os responsáveis autárquicos do concelho de Celorico de Basto a que pertenceu em vida, ainda não criaram os meios a os projectos de um maior conhecimento da sua santidade?
As pessoas mais velhas, e eu que vou fazer 72 anos, sempre ouvimos falar do Frei Bernardo de S. Romão do Corgo, como um Santo. Por coincidência, tive na família da minha esposa, um familiar que estudou com ele, cujos herdeiros, ainda guardam as cartas com que se correspondiam. A gente de toda a região de Basto, devia organizar uma comissão supra-concelhia,com a finalidade de encaminhar para Roma, o pedido da sua elevação aos altares, como São Bernardo da Anunciada,o nome que ele próprio escolheu, quando fez o noviciado. Não é todos os dias, que Deus nos dá a possibilidade de termos na nossa terra ou região, um Santo nos altares.
Fica a ideia.
J.Teixeirada Silva
10 de Outubro de 2009 19:14
Anónimo
Pelo que me foi dito por um Sacerdote Português, residente em Roma: Portugal não se movimenta sobre o caso de Frei Bernardo de Vasconcelos para que o caso da beatificação surja. É preciso difundir as sua Vida e as suas virtudes.
O que se tem feito?!
10 de Janeiro de 2010 00:01
FREI BERNARDO DE VASCONCELOS OSB
Bernardo de Vasconcelos, Religioso Benedictino, 1902-1932
Bernardo Vaz Lobo Teixeira de Vasconcelos nasceu na Casa do Marvão, em S. Romão do Corgo (Celorico de Basto), em 7 de Julho de 1902.
Depois de ter feito os preparatórios no Colégio de Lamego, foi estudar na Universidade de Coimbra. Ali se expandiu a sua alma de fogo em actividade, fecunda em obra de apostolado: como membro das Conferências de S. Vicente de Paulo; como redactor da revista “Estudos”, órgão do C A D C (Centro Académico de Democracia Cristã); como Vice-Presidente da direcção do mesmo C A D C e Presidente da Liga Eucarística, criada no C A D C para vivificar a piedade dos sócios.
Em Agosto de 1924 entrou na Ordem de S. Bento. Professou em 29 de Setembro de 1925. Recebeu as Ordens Menores en 5 e 6 de Janeiro de 1929.
Subir os degraus do altar, ser ordenando sacerdote – era a grande aspiração de sua alma, mas quis oferecer ao Senhor o sacrifício heróico de ficar privado da dignidade sacerdotal.
E Deus aceitou o seu sacrifício. D. Bernardo, como se ficou chamando como benedictino, foi uma hóstia em sangue, sofrendo em seu corpo os duros golpes com que Deus imolava a sua vítima. Sofreu, com resignação edificante, operações repetidas, dolorosíssimas, que lhe mutilhavam a carne, a ponto de ele próprio chamar ao seu corpo uma “casa esburacada”; sofreu raspagens de ossos, extração quase diária de pus das feridas, que eram chagas abertas no corpo; sofreu a imobilidade na cama, febre persistente, dores de intestinos e de rins, dificuldades de digestão, perturbações do coração.
O seu constante e multímodo sofrimento, aceite generosamente com amor e alegria, prolongou-se durante seis anos, em hospitais e sanatórios, no Porto, na Falperra, na Póvoa de Varzim e na Foz do Douro, até à madrugada de 4 de Julho de 1932, em que D. Bernardo, aos trinta anos, entregou a sua alma a Deus, incovando a SS. Trindade e dizendo:
“Não chorem; eu vou para o céu... Jesus! Jesus! Eu sou todo de Jesus!...”
Desde então, numerosos peregrinos acorrem frequentemente ao túmulo de D. Bernardo, na freguesia onde nasceu. Invocam a sua intercessão e agradecem os favores que, por seu intermédio têm obtido.
Fonte : Patriarcado de Lisboa.
* * *
Frei Bernardo de Vasconcelos
mais um Santo Português
A 9 de Outubro de 1987 ficou concluído em Braga o Processo Diocesano em ordem à desejada Beatificação e Canonização de Frei Bernardo de Vasconcelos, falecido há 67 anos.
O povo, porém, não esperou pela decisão da Igreja, e desde a sua morte começou o venerá-lo como «santo» e a peregrinar até à sua sepultura.
Bernardo de Vasconcelos nasceu a 7 de Julho de 1902 no seio de urna distinta família na Casa do Marvão em S. Romão do Corgo, Celorico de Basto, distrito e Diocese de Braga.
Feito a curso liceal no Colégio de Lamego, dirige-se aos 17 anos para Coimbra, onde sofreu, no princípio, uma certa desorientação. Teve porém o felicidade de ser levado pelo mão de Deus para a C.A.D.C. Nessa Associação militavam numerosos jovens dos mais distintos na vida católica e cultural. Alguns deles vieram mesma a exercer influência decisiva no panorama religioso e político da nassa Pátria.
Integrado nas Conferências de S. Vicente de Paulo, sentiu a problema dos pobres, a cujo bem, material e sobretudo espiritual se dedicou ardorosamente. Visitava-os, consolava-os e partilhava com eles todos os seus haveres. Quando em 1924 se despediu de Coimbra, deixou-Ihes todos os objectos escolares e um sobretudo cuja venda se converteu em alimentos para as famílias mais carenciadas.
Em 1931 escreverá a um colega:
«Faz muito bem em se inscrever nas Conferências de S. Vicente de Paula, obra das melhores, das mais frutuosas. Recordo com saudade os meus pobrezinhos e ainda aí tenho uma afilhadita, como recordação desses tempos».
Bernardo tem urna alma de poeta que se expande em versos inspirados; é conferente, escritor secretário da revista Estudos, órgão do C.A.D.C.
Filiou-se na Congregação Mariana e é eleito Presidente da Liga Eucarística dos Estudantes, criada para vivificar a piedade dos seus sócios.
O estudo sério, o trabalho incansável e o apostolado activo, entusiasmam o seu coração ardente.
A oração, a leitura e meditação de bons livros, a comunhão diária e as longas visitas ao Santíssimo Sacramento, elevaram o seu espírito das banalidades da terra para a sublimidade celestial. Quantas vezes o viram, envolvido na capa de universitário, diante do Sacrário, na Sé velha de Coimbra! Em Janeiro de 1923 escreve:
«Sinto-me cada vez mais feliz e praza a Deus que eu possa vir ser digno de tanta felicidade. Continuo a orientar a minha vida por um caminho austero e iluminado, conservando sempre bem arraigado à alma o lema que tomei: " a renúncia é o caminho". Conservo, com a graça de Deus, a mesma pureza de coração e também de acções».
Um facto vincou decisivamente a sua vida: o retiro espiritual feito no Luso, com outros colegas universitários, em Fevereiro de 1923:
Vou-me preparar melhor para uma confissão geral, que farei com uma alegria imensa. É a maior graça que Deus me pode conceder , como desejo".
No seu Diário Espiritual, anotou também:
«Servir a Deus é o ideal mais alto, é o ideal única - é o ideal».
A sua vida interior não passava despercebida aos seus companheiros de estudos. Era até para eles motivo de admiração e estímulo.
Doutor José de Paiva Boléu, seu antigo colega, escreveu:
«Um dia, urna pessoa que o não conhecia, ao vê-lo numa sessão solene, numa atitude não afectada, e numa concentração natural do seu espírito, declarou-me que o Bernardo parecia um anjo a rezar. Em Fátima, por ocasião de uma peregrinação, urna pessoa, que também o não conhecia, declarava admirada, que nem a multidão, nem as cerimónias litúrgicas, nem a fé simples e entusiasta do bom povo da nossa terra, a impressionaram tanto como a resignação cristã, a coragem verdadeiramente heróica que se espelhava no rosto do Bernardo, enfileirada com os outros doentes para receber a bênção do Santíssimo».
Uma sua condiscípula, na Faculdade de Direito, deu este testemunho a 19 de Maio de 1924, depois de o ter ouvido recitar um soneto seu:
«Ouvi o Bernardo... Este, ou eu me engano muito, ou é já santo. Esta convicção mais se arraigou posteriormente, ao saber da sua resignação e da conformidade com a vontade do Senhor durante a sua longa doença...A partir de certa altura convivi com ele, na persuasão de que seria santo... No seu apostolado activo e intenso e, sobretudo, no seu elevado misticismo, o Bernardo é um modelo vivo a apresentar aos jovens de Portugal».
Sob a orientação de alguns guias espirituais, sobretudo do jovem professor da Faculdade de Letras, o Doutor Manuel Gonçalves Cerejeira, mais tarde Cardeal Patriarca de Lisboa, decidiu entregar-se ao Senhor, na vida religiosa, na Ordem de São Bento.
Ao saberem, em segredo, que ele ia deixar Coimbra, os seus colegas, acorrem à estação do caminho de ferro, para se despedirem. Houve lágrimas, mas lágrimas de alegria. Pastas e fitas voaram nos ares. Os passageiros, que iam no comboio, perguntavam o que era aquilo, que apoteose era aquela. Era alguém que deixava tudo para se unir ao Senhor.
O místico jovem ficou impressionado.
«Recordo com íntima mas serena comoção aquela despedida fraternal que tive em Coimbra. Para a minha alma sedenta de Deus e de O comunicar às almas todas, foi uma grande consolação».
A 16 de Agosto de 1924 ingressou no Mosteiro beneditino de Singeverga. Pouco depois expande a sua alegria:
«Este delicioso isolamento tem-me feito um bem incalculável à alma. O Ofício Divino é um encanto! Que majestade e que poesia! Que esplêndidas orações da Igreja! Salmos de súplica, de saudade de Deus, de louvor e de glorificação! Que beleza e fonte inexaurível da mais sã poesia! Como Deus é bom!».
A sua piedosa e santa mãe, que tinha feito o sacrifício da sua oferta ao Senhor escreve:
«E o que fez a minha boa mãe? Reconheceu também que eu era de Deus, e a Ele me entregou de novo. Perdeu-me? Restituiu-me a esse Bondosíssimo Senhor e a esse Inigualável Amigo».
O seu ideal era ser sacerdote, celebrar a Santa Missa, sobre a qual escreveu coisas tão belas. Resolveu porém fazer o acto heróico de renunciar a essa dignidade, o fim de obter para a sua Ordem, em Portugal, as graças necessárias para a seu estabelecimento e florescimento.
A oferta foi aceite.
A cruz bate-lhe à porta e transforma-o numa «hóstia em sangue».
Vai percorrer as casas da sua Ordem, quer em Portugal, quer em Espanha e na Bélgica, com o sofrimento a dilacerar-lhe o corpo, com uma tuberculose vertebral. E internado em hospitais e clínicas, mas sempre debaixo do peso da cruz.
São seis anos de martírio numa imolação cruenta, com operações repetidas - a mutilar a carne, a abrir canais, a raspar ossos - a extracção quase diária do pús, a imobilidade do corpo, a febre persistente, as dores dos intestinos e dos rins, as dificuldades da digestão, a fadiga cerebral, as perturbações do coração.
Admiremos a grandeza da sua alma :
«Estou nas mãos de Deus. Tenho sofrido bastante; Só com o auxílio d'Ele poderia suportar certas dores. Ele lá tem os seus desígnios. Uns são destinados para pregar; outros para orar; outros para sofrer. Neste tempo em que o mundo é atravessado por uma onda de despudor e de baixeza moral, é mais necessária a expiação e o desagravo».
Sofria, porém, inundado de alegria sobrenatural, vivendo aquilo que recomendava a um colega enfermo:
«Não te entregues à tristeza que só serve para inutilizar as nossas melhores energias... dilata o teu coração e deixa entrar nele o sol vivificador da alegria. Alegria, mas com tantas provações? Olha o que te digo: quem viste ainda sem cruz? A cruz segue-nos onde quer que vamos e temos de a levar; e, se a não quisermos erguer generosamente e levar nos nossos braços aos abraços, quer dizer; com todo o ardor do nosso coração o que a fará mais levezinha, teremos de a levar atrás de nós, aos arrastos».
Noutra carta :
«Para longe as tristezas doentias. Triste é o pecado, triste deve ficar quem ofende a Deus... Um bom cristão não tem direito de se dar à tristeza».
A seu respeito escreveu o médico que o tratava no Porto :
«No meu consultório conhecem-no todos; todos o respeitavam carinhosamente e todos, qualquer que fosse o seu ideal religioso ou político, lhe chamavam o frade santinho».
Quantas pessoas não impressionou Frei Bernardo com a sua vida de amor! Amou a todos e amou-os com amor puro, delicado, ardente. Possuía o condão de atrair, aquecer e elevar as almas. Uma auréola de profunda simpatia envolve o seu nome. E tantos, no contacto com ele, experimentaram a maravilhosa atracção para a verdade, o bem, para Deus.
Na Foz do Douro, aos 30 anos de idade, no dia 4 de Julho de 1932, sem agonia, rodeado da família, a quem pedia perdão e consolava, suspirou :
«Ó Santíssima, ó Santíssima Trindade! Não chorem, eu vou para o Céu... Jesus, Jesus, eu sou todo de Jesus».
E expirou santamente.
(Da Revista " Cruzada ", de Agosto-Setembro 1999 )
Sunday, 14 November 2010
KROHN HABLA SOBRE LA ENTREVISTA A LA RTP (TELEVISIÓN ESTATAL PORTUGUESA)
28.04.10 | 14:35. Archivado en Semper Idem (en defensa propia), Reportaje sobre mí mismo en la Televisión portuguesa (RTP, vídeo)
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La television (estatal) portuguesa TRTP 1 emitió ayer martes a las nueve de la noche una entrevista de media hora de duración que me hizo la semana pasada uno de sus equipos venido "ex professo" desde Lisboa.
El grueso de la entrevista transcurrió en el interior de la Real Biblioteca (Bibliothèque Royale de Bruselas) Y tuvo de marco inevitable la anunciada visita de Benedicto XVI a Fátima el 13 de mayo próximo. Y de detonador también, en la mente de sus mentores supremos -¿por qué no lo debería decir?- lo hayan sido tal vez especulaciones a ciencia cierta "in crescendo" en la opinion publica de aquel país sobre la seguridad de la visita papal, con el riesgo cierto de haberme visto de nuevo en la picota (...)
Como así ocurrió con la visita de JP II, el 13 de mayo del 2000 -la segunda de su pontificado- cuando Interpol dictó mandato de caza y captura contra mi persona (en no sé cuantos países) pese al hecho notorio que me encontraba residiendo normalmente desde hacia ya bastante años en Bélgica (sin cambio además de domicilio)
La entrevista se desarrolla simultáneamente en portugués -las preguntas de la periodista- y en castellano, mis propias respuestas. Hoy todavía -eso espero- estaré en condiciones de ofrecer a los lectores de mi bitácora el enlace (digital) de la entrevista por entero
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Y aquí el enlace con la entrevista completa:
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Y aquí añado en atención de los lectores de mi bitácora el testo del mensaje que envié hace un rato a un grupo de mis antiguos amigos y camaradas del FES, tras haber visionado y escuchado con detenimiento el reportaje de la elevison portuguesa:
ENTREVISTA RTP
Queridos amigos y camaradas todos, como tal vez ya sabréis por mi blog, la televisión(estatal) portuguesa RTP difundió anteayer a las nueve de la noche un reportaje de media hora por cuenta mía con una entrevista que me hizo un equipo de esa cadena aquí en Bruselas a principios de la semana pasada. Me lo ofrecieron ellos mismos y fue sin duda de resultas de los preparativos de la visita de Benedicto XVI a Fátima el proximo 13 de mayo.
Pensé mandarosla especialmente, por lo que me pareció de antiguo una deuda para con todos vosotros que me conoceis (bien), y era la de un complemento de explicación -de todo lo que podreis hasta ahora haber sabido o colegido de mi gesto de Fatima.
En la entrevista de ahora declaro que en el fondo no quería matar el papa (polaco). No es una frase oportunista de mi parte, que vendría además a contradecir lo que digo en otro trozo de la entrevista ("que no me arrepiento de nada")
Confieso que fue algo, es cierto, que nunca me preocupé excesivamente después. Pero hace años leyendo un libro de Nietzsche -de su fase digamos "primera epoca", la menos conflictiva- creo que di con la clave del enigma en un aforismo suyo, que en realidad eran la mayor parte recopilacion de moralistas antiguos de los siglos XVI y XVII especialmente franceses (catolicos), donde venia a decir que el criminal que (dice que) no queria matar, en realidad prueba con la comision de su acto que en el fondo era eso lo que andaba buscando.
Y se me ocurrio de pronto el argumento "a contrario", como de cajón, que por motivos análogos, el que dice (como fue mi caso) que queria matar -como así declaré en mi juicio que fue lo que me condeno-, y en cambio no lo hace, prueba así que no-era-eso-en-el-fondo lo que andaba buscando. Y se me quitaron las dudas (que me quedaban)
No es una discusion sobre la violencia (legitima) la que aqui planteo que aqui ya sabeis todos lo que pienso en el tema, sino una aclaracion sobre un punto concreto -mi gesto de Fatima- que debía suscitar interrogantes (legítimos) de antiguo entre algunos de vosotros.
Lo que buscaba -como lo declaré en la entrevista- lo conseguí. Un acto de denuncia, de repercusion mundial. De denuncia profética si quiereis llamarla así. Y por eso no me arrepiento (en el fondo) de nada.
También queria llamar vuestra atención sobre otro punto que gravitaba pesadamente en la entrevista y lo eran las declaraciones de hace año y medio del que fue secretario personal del papa Wojtya en las que afirmaba que yo hice verter sangre en Fátima al pontifice, algo que segun me comentó Lorenzo en una ocasión, también suscitaba interrogantes (como es lógico) entre vosotros.
Soy categórico al respecto, y el subcomisario portugués que interviene en el reportaje viene a darme la razón ahora. La unica sangre que alli se vertió fue la mia que me corté al caer con el sable/bayoneta; y quizás tal vez (accidentalmente) la de uno de los colegas de aquél como lo afirma en el reportaje (sin duda en el momento de recoger la bayoneta)
Por ultimo queria comentaros otro punto que planeaba sobre el reportaje y lo era naturalmente mi condena judicial. Me condené yo solo. Ni el subcomisario que aparece en el reportaje ni los demás testigos que declararon delante del tribunal afirmaron ninguno de ellos el haberme visto empuñar la bayoneta. Me condenó el tribunal "à conviction" (no recuerdo como se dice en español) Sin mas pruebas que mis propias declaraciones. El decir "que había querido matar al papa".
Y si algunos de vosotros comprendeis el portugues podreis comprobar que ese es precisamente el punto que sirve de conclusión a las declaraciones en el reportaje de Santos Cabral, uno de los jueces que me condenaron. A la pregunta de la periodista si yo quería realmente matar, responde "Si, no me cabe la menor duda" (...) ¿Le convencieron mis declaraciones, como a los otros miembros del tribunal, o les escandalizaron mas bien? Juzgar por vosotros mismos.
Sobre el perfil innegablemente político -entre paréntesis- de este personaje os podreis documentar un poco en el enlace que aqui os envío (y que me acabo de encontrar, para mi gran sorpresa...), que el portugués de lectura es fácil. Candidato derrotado el año pasado a la presidencia del tribunal supremo portugués -a manos del candidato "de derechas"-; antiguo director general de la Policía judiciaria portuguesa (un respeto) -después de mi condena- y hombre de confianza a todas luces de José Socrates, el actual jefe de gobierno socialista, íntimo de Zapatero. Implicado -aparentemente- con él en un caso de corrupción y escuchas ilegales ("Face oculta") como se desprende del artículo.
Espero pues haberos así aclarado en la medida de lo posible sobre aquello.
Un fuerte abrazo de vuestro (viejo) amigo y camarada.
(A vosotros y a los que no figuran en mi lista de direcciones)
Juan Fernandez Krohn (desde Bruselas)
COTTARD: LA MÈRE D'UNE VICTIME DÉNONCE DES PRESSIONS ET MENACES
LE CRI DE COLÈRE DE JOCELYNE LASNET DE LANTY
Rédigé par P. Ch. le Lundi 17 Juillet 2000
Jocelyne Lasnet de Lanty est la mère de Damien, scout noyé à 13 ans et demi, lors d'une sortie en mer le 22 juillet 1998, au large des côtes bretonnes. Mort dans le naufrage d'un petit voilier-école, comme trois de ses camarades ainsi qu'un plaisancier qui tentait de les sauver. Jocelyne fut la seule - avec la mère du plaisancier - à oser engager des poursuites judiciaires contre l'abbé Jean-Yves Cottard, membre de l'Association française des scouts et guides catholiques et du mouvement intégriste de la Fraternité Saint-Pie X, qui dirigeait le camp de vacances au moment de l'accident. Pour l'ecclésiastique, Damien et ses compagnons ont été rappelés à Dieu. Il n'y a rien à dire, ni à faire contre la volonté divine ! «Cela fait longtemps que l'abbé Cottard ne fait plus confiance à la justice des hommes» , prétend Me Morin, son avocat.
En revanche, les amis du prêtre - qui a été condamné à quatre ans de prison dont dix-huit mois ferme (peine confirmée en appel) - ont tenté de protéger leur mentor, avec des méthodes indignes. Jocelyne Lasnet de Lanty a révélé, dans une lettre ouverte à l'abbé Cottard, les pressions et les intimidations qu'elle a subies depuis la mort de son fils. «Ils voulaient que je signe un bordereau affirmant que je n'engagerais aucune poursuite» , raconte-t-elle. On lui proposera même d'acheter son silence avec un chèque de... 30 000 F. Il y aura ensuite les lettres de menaces, les coups de fil anonymes. Puis on essayera d'influencer ses proches, notamment son beau-frère qui témoignera en faveur de Cottard. Jocelyne, elle, résiste. Aujourd'hui, elle réserve sa colère à l'abbé. «Puisque vous avez jugé utile de m'adresser sans honte vos bons voeux pour chaque année passée sans Damien, puisque vous avez su utiliser certains membres de ma famille pour témoigner de vos bonnes intentions [...], je peux vous affirmer que vous m'avez convaincue de ne jamais adhérer à votre interprétation de la religion» , écrit-elle. «J'espère que le souvenir de Damien, de son sourire, de sa candeur et de sa confiance vous hantera et vous rongera le coeur pour qu'enfin vous réalisiez l'horreur de vos propos et de votre fuite.» Dieu, espère-t-on, reconnaîtra les siens !
COTTARD: LA COUR D'APPEL CONFIRME LA PEINE
Dix-huit mois fermes contre l'abbé Cottard
La cour d'appel de Poitiers a donc finalement confirmé la décision du 6 juillet 2000 de la cour d'appel de Rennes, qui avait été annulée en cassation.
L'abbé Jean-Yves Cottard, 57 ans, a été condamné vendredi à quatre ans d'emprisonnement dont 18 mois ferme par la cour d'appel de Poitiers (Vienne).
Il était poursuivi pour homicides et blessures involontaires par violation délibérée d'une obligation manifeste de sécurité à la suite du naufrage le 22 juillet 1998 d'un dériveur dans lequel quatre scouts, dont il avait la charge, et un plaisancier venu leur porter secours sont morts.
L'abbé Cottard, membre de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, tout comme ses avocats, n'était pas présent à l'audience vendredi à Poitiers. Ils ont encore cinq jours pour décider d'un éventuel pourvoi en cassation. Une peine de quatre ans d'emprisonnement dont 18 mois avec sursis avait été requise le 30 mai par le représentant du ministère public.
Interdiction définitive
La cour d'appel de Poitiers a donc finalement confirmé la décision du 6 juillet 2000 de la cour d'appel de Rennes (Ille-et-Vilaine). Cet arrêt avait été annulé par la Cour de cassation en octobre 2001. Les magistrats de la plus haute juridiction pénale avaient alors estimé que l'abbé n'avait pas bénéficié de la loi sur les délits non intentionnels. La cour d'appel de Poitiers a confirmé l'interdiction définitive faite à l'ecclésiastique d'exercer toute fonction d'encadrement en matière d'activités civiques, sportives ou de loisir.
Elle confirme également le montant des dommages-intérêts que l'abbé Cottard et l'Association française des scouts et guides catholiques doivent verser aux parties civiles. A savoir, 22.867 euros à Jocelyne Lasnet de Lanty, la mère de l'un des quatre jeunes gens; autant à Dominique Sigogneau et 7.622 euros à Suzanne Sigogneau, mère et grand-mère du plaisancier décédé.
"Soulagement"
Selon Me Yann Gasnier, avocat de Dominique et Suzanne Sigogneau, "c'est un soulagement pour elles, nous espérons que ce soit la dernière fois que nous plaidons cette affaire. Cette décision fera date au regard de l'application de la loi Fauchon de juillet 2000 sur les délits non intentionnels, qui globalement est plus douce pour les justiciables. Pour une fois, on ne systémise pas le fameux responsable mais pas coupable", a-t-il dit.
L'ecclésiastique avait été condamné à quatre ans d'emprisonnement dont 18 mois ferme le 6 décembre 1999 à Guingamp. Cette peine avait été confirmée par la cour d'appel de Rennes le 6 juillet 2000. Son arrêt a été annulé en octobre 2001 par la cour de cassation en raison de l'application de la loi sur les délits non-intentionnels. (AP)
COTTARD:L'APPEL CONFIRME LA PEINE
Quadruple noyade : la dernièrechance de l’abbé Cottard
Sam 01 Jui 2002 |00:00
Sam 01 Jui 2002 |00:00
L’abbé Jean-Yves Cottard, a comparu jeudi devant la cour d’appel de Poitiers. Une ultime tentative d’éviter la prison. la justice lui reproche sa responsabilité dans la mort, le 22 juillet 1999, de quatre scouts et d’un plaisancier lors d’un naufrage au large de Perros-Guirec. L’avocat général a réclamé la confirmation de la peine déjà infligée au prêtre: 18 mois de prison ferme. La cour a mis sa décision en délibéré au 5 juillet. C’est la deuxième fois que l’abbé en soutane noire, qui n’a passé que 20 jours en détention et vit dans une communauté intégriste, comparaît devant une cour d’appel.Ses avocats s’étaient pourvus en cassation pour qu’ils puissent bénéficier de la nouvelle loi sur les délits non intentionnels, en principe plus douce pour les justiciables. Ils avaient gagné puisque la Cour de cassation avait annulé en octobre 2001 sa condamnation à 4 ans de prison dont 18 mois ferme.Au contraire le président de la cour, Alain Albert, n’a eu de cesse de noyer l’ecclésiastique dans ses contradictions et l’avocate générale, Béatrice Sallaberry, a égrené un long chapelet de manquements à la sécurité. Dans un réquisitoire sévère et passionné, l’avocate générale a estimé que l’abbé, rabaissé au rang de « Monsieur Cottard », avait « créé les conditions du naufrage » et était pénalement responsable du drame. Elle a réclamé la même peine que celle infligée depuis le début de l’affaire.« Chronique d’une mort annoncée »Quand la tragédie s’est produite, par une mer déchaînée, l’abbé, censé surveiller ses scouts aux jumelles, déjeunait tranquillement au restaurant. C’est lui seul qui avait décidé que sept passagers d’une Caravelle mal entretenue -(prévue pour six) devaient prendre la mer à 8 heures du matin, alors qu’ils étaient déjà épuisés par deux journées précédentes de navigation et qu’ils avaient montré leurs limites dans la maîtrise du voilier-école.Mais, en vertu des conceptions pédagogiques autoritaires de l’abbé intégriste, les enfants, âgés de 12 à 17 ans, devaient « racheter leur image » après leurs échecs.L’abbé Cottard n’avait alerté les secours que sept heures plus tard après le retour prévu du bateau, de surcroît en leur donnant une mauvaise localisation, ce qui avait retardé leur intervention. Un navire de plaisance avait porté secours aux adolescents en détresse, en état d’hypothermie, dont quatre ont perdu la vie.L’un des trois navigateurs, Guillaume Castanet, 31 ans, était tombé à l’eau au cours du sauvetage. C’était la « chronique d’une mort annoncée » a déclaré à la presse sa mère, Dominique Sigogneau, une des deux parties civiles.
PEINE CONFIRMÉE POUR L'ABBÉ COTTARD
La cour d'appel de Poitiers a condamné hier à quatre ans de prison dont 18 mois ferme, l'abbé Jean-Yves Cottard, poursuivi après la mort de quatre scouts qui avaient péri en mer en juillet 1998 au large des Côtes-d'Armor, ainsi qu'un plaisancier venu à leur secours.
Mettant un terme à un feuilleton judiciaire de quatre ans, l'arrêt confirme la peine prononcée en juillet 2000 par la cour d'appel de Rennes et celle infligée en première instance en décembre 1999 par le tribunal correctionnel de Guingamp pour «homicides et blessures involontaires» et «manquement délibéré à une obligation de sécurité et de prudence ».
L'abbé intégriste qui vit dans une communauté catholique à Croix, près de Lille, avait vu dans la nouvelle loi sur les délits non intentionnels, dite loi Fauchon, promulguée quelques jours après l'arrêt de la cour de Rennes, en juillet 2000, la possibilité de voir sa peine allégée.
Il s'était pourvu en cassation et, de fait, la Cour de cassation avait annulé en octobre 2001 l'arrêt de Rennes. L'affaire avait été renvoyée devant la cour d'appel de Poitiers.
Mais cette dernière n'a pas estimé que la responsabilité de l'abbé pouvait être atténuée par la nouvelle loi et a maintenu la peine.
« Il était difficile de ne pas reconnaître la culpabilité de l'abbé Cottard avec tous les éléments aggravants qui se trouvaient dans le dossier », a estimé Me Yann Gasnier, avocat de la mère du plaisancier qui avait trouvé la mort en voulant porter secours aux jeunes scouts.
Les différents procès avaient mis en évidence que le camp de scouts dirigé par l'abbé Cottard ne disposait ni du matériel ni du personnel adaptés à la pratique de la voile pour de jeunes enfants et adolescents novices. De surcroît, le jour du drame toute une série de fautes avait été commises par l'abbé lui même.
Publié le 06/07/2002 | LaDepeche.fr
COTTARD: UN APÔTRE DE L'EXTRÊME DROITE
Scoutisme
Un apôtre de l'extrême droite
Par Charles Gilbert, Rosso Romain, publié le 06/08/1998
L'abbé Cottard est non seulement le chef musclé d'un camp scout meurtrier, mais aussi un prêcheur zélé de la cause chouanne, un proche du FN
J'ai eu, un jour, une réflexion charmante d'une personne qui me confiait son fils. Nous partions en camp de scouts marins et, bien sûr, nous allions faire du bateau. Or elle s'inquiétait et elle me dit: ??Faites attention, je n'en ai qu'un! ''(...) A tous ces parents, je leur dis: ne vous inquiétez pas, j'ai deux contrats d'assurance extraordinaires que je vous propose de souscrire: le premier, c'est Saint Joseph Assistance, le second, c'est Ange gardien 24 h/24. (...) Chaque fois que nous avons un problème, je dis aux enfants: nous allons demander à saint Joseph, et le problème se résout immédiatement»...
Ces paroles édifiantes sont celles de l'abbé Jean-Yves Cottard, responsable du camp de scouts marins où quatre adolescents et un plaisancier venu leur porter secours ont péri noyés au large de Perros-Guirec (Côtes-d'Armor), le 22 juillet dernier. Elles sont tirées d'un sermon prononcé, le 6 septembre 1992, lors de la messe de la Journée chouanne de Chiré-en-Montreuil (Vienne), un des grands rendez-vous des catholiques traditionalistes. Le prêtre faisait ainsi une confiance aveugle à la Providence, qui semble malheureusement l'avoir trahi. Il est aujourd'hui accusé d'avoir laissé partir sept gamins de 12 à 16 ans sur une mer démontée sans aucun accompagnateur, malgré l' «avis de grand frais» lancé le matin par Météo France et prévoyant des vents de force 6, malgré les exhortations de pêcheurs qui avaient déjà secouru les scouts la veille, malgré les remontrances dont son association avait fait l'objet en 1997, à l'occasion d'une inspection du ministère de la Jeunesse et des Sports...
On s'attendait à voir les parents des victimes fustiger l'inconscience de l'abbé, incarcéré à Saint-Brieuc pour «homicides et blessures involontaires et non-assistance à personne en péril». Non seulement ils n'ont pas porté plainte, mais ils ont bruyamment réclamé sa libération pour qu'il puisse assister à la messe de funérailles des enfants. En vain. «C'est notre père, le médecin de nos âmes, et nous avions plus que jamais besoin de lui: il n'a pas voulu ce drame, alors pourquoi l'enfermer comme un vulgaire malfaiteur?» demande Bertrand Pruvost, ingénieur, la cinquantaine, père de cinq enfants, dont l'aîné, Jean-Baptiste, 16 ans, a péri dans le naufrage. «Mon fils est parti le premier, en protégeant les petits: il a obéi jusqu'au bout à la loi scoute.» Les familles des victimes se réfugient d'un même élan dans le fatalisme et la ferveur religieuse. Elles ne comprennent pas l'indignation provoquée par leur attitude, qui semble dédouaner leur abbé, et se disent victimes d'une cabale médiatique. «Cette affaire a été exploitée de façon honteuse, s'indigne Bertrand Pruvost: on nous colle l'image de fanatiques d'extrême droite. Mais nous n'avons rien à voir avec le Front national: intègres, oui, mais intégristes, non!»
N'empêche qu'il ne s'agit pas de n'importe quels scouts: l'organisation à laquelle appartient le père Cottard est clairement marquée à droite de la droite et pratique une pédagogie musclée, en accord avec ses idées, qui consiste à traiter les enfants «à la dure» pour leur inculquer les valeurs éternelles de l'honneur, de l'effort et de la discipline. Fondée en 1980 par Pierre Monet, un disciple de Mgr Lefebvre, l'Association française des scouts et guides catholiques (AFSGC) appartient à la branche la plus radicale des catholiques schismatiques qui refusent les réformes du concile Vatican II et dénoncent pêle-mêle l'oecuménisme, la théologie de la libération, le marxisme athée, la décadence des moeurs et le «matérialisme du capitalisme libéral». Ses membres participent, le 1er mai, au défilé lepéniste de la fête de Jeanne d'Arc, ainsi qu'aux fameuses Journées chouannes organisées par un certain «centre de Chiré», en fait la maison de vente par correspondance de livres intégristes Diffusion de la pensée française (DPF), qui se réclame d'Henry Coston, auteur de pamphlets contre le prétendu «complot judéo-maçonnique».
Outre l'abbé Cottard, on y rencontre des croisés de tout poil, des monarchistes, des nostalgiques du maréchal Pétain, des militants anti-avortement, des révisionnistes, comme Henri Roques, des journalistes du quotidien prolepéniste Présent et des membres du bureau politique du FN, tel Jean-François Galvaire.
Par ailleurs, Pierre Monet, commissaire général de l'AFSGC, a reconnu, dans un entretien avec l'AFP, avoir organisé des camps de vacances en association avec les Cadets de France et d'Europe, la branche juvénile du Cercle national des combattants de l'ancien para Roger Holeindre, vice-président du FN. Salut au drapeau, chants militaires, stages de survie et discipline de fer sont au menu des enfants de 8 à 14 ans, sous la férule de prêtres en soutane et rangers. «Une logique de secte», a dénoncé la mère d'un adolescent qui a participé l'an dernier à l'un de ces camps d'été en Bretagne: «C'était pire qu'à l'armée, il est revenu en ayant appris des chants fascistes.» Sous prétexte de tremper leur caractère, on en vient ainsi à embrigader les jeunes tout en les livrant à eux-mêmes au mépris de toutes les règles de prudence. Ainsi le naufrage de Perros-Guirec n'est-il pas un dérapage isolé. Quelques jours avant le drame, on apprenait que 72 fillettes participant à un camp de Scouts d'Europe, dans le Cantal, avaient été victimes d'insolation, après avoir assisté à une messe en plein cagnard. Une semaine plus tard, le responsable d'un camp des scouts Saint-Louis, autre organisation de la mouvance traditionaliste, a été entendu par les gendarmes pour avoir abandonné un adolescent de 14 ans en pleine forêt de Mervent, en Vendée, en l'obligeant à rejoindre le campement à 18 kilomètres, sans nourriture et sans boussole... pour le punir d'avoir triché en faisant de l'auto-stop lors d'un raid.
«Mes deux autres fils continueront à fréquenter les scouts», assure Bertrand Pruvost, qui renouvelle plus que jamais sa confiance à l'abbé Cottard. Il comprend la réaction de la mère du jeune plaisancier mort en sauvant les enfants, la seule pour l'instant à avoir déposé plainte et à s'être portée partie civile. «C'était son fils unique et je partage sa douleur, qui doit être terrible. Nous avons la chance d'avoir d'autres enfants, et cette foi en notre Seigneur qui nous aide à supporter l'épreuve, ce qui ne semble pas être son cas. C'est pourquoi nous avons cherché à la contacter, pour la remercier et la réconforter. Mais nous n'avons pas reçu de réponse pour l'instant.»
THE COTTARD CASE ON BBC
World: Europe
French fundamentalist Catholic priest on trial
The trial has begun in France of a fundamentalist Catholic priest accused of causing the deaths of five people at a scouting summer camp.
The man, Father Jean-Yves Cottard, was in charge of the camp in July 1998 when four inexperienced teenagers and a rescuer drowned after their boat capsized.
Father Cottard, who belongs to a strict order linked to the far right National Front, is alleged to have run the camp along paramilitary lines. The BBC Paris correspondent says the incident has shed light on the secretive world of the order following the reaction of the bereaved parents -- who said that the arrest of Father Cottard was a greater loss than being deprived of their children.
From the newsroom of the BBC World Service
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